Le temps de la reconstruction (1952-2000)

1952 : La reconstruction bat son plein mais les Montebourgeois vivent encore pour la plupart dans des baraques. Les dernières disparaîtront seulement en 1978, au Grand Clos. L’église, ouverte à nouveau au culte, est comme le symbole de la résurrection de la ville. Une ère d’expansion s’ouvre. Des cités ou résidences augmentent considérablement l’espace serré de la vieille ville, entre les années 50 et l’an 2000: celles des rues Coty et Kennedy, la résidence des Remparts, de l’Etoile près de l’abbaye, du Grand Clos, la résidence de Walheim, celle de l’Europe et celle du pont des Masses.

1960 : Les fêtes du couronnement de la statue de Notre-Dame de l’Etoile à l’Abbaye, le 1er mai, rassemblent à Montebourg des Frères des Ecoles chrétiennes venus en délégation du monde entier. La même année, en juillet, le général De Gaulle, président de la République depuis 1958, s’arrête à Montebourg, Place Albert-Pèlerin, accueilli par le maire, le Dr Raymond Eliard, serre des mains et salue la foule en levant les bras en formant le V de la Victoire.

1958-1969 : La fidélité au Général De Gaulle s’impose et s’use. Au référendum du 28 octobre 1958 sur la nouvelle constitution voulue par le Général De Gaulle, 896 Montebourgeois disent oui au général, soit 96% des exprimés. En avril 1962, pour ratifier les accords d’Evian destinés à conclure le conflit algérien, ils approuvent à 93,8%. Mais la fidélité s’effrite: 67,3% pour le Général De Gaulle aux présidentielles de 1965, 642 voix contre 312 à François Mittterrand. Et au référendum du 27 avril 1969 qui a vu le non l’emporter en France et qui a entraîné le départ du Général De Gaulle, Montebourg a approuvé modestement, par 485 oui contre 426 non, soit à 53,7% des suffrages exprimés. Parallèlement, dans cette même période, le candidat gaulliste aux législatives, Pierre Godefroy, s’est bâti une véritable légitimité cassine, même si ce destin n’était pas évident lors des législatives de novembre 1958. Pierre Godefroy était alors opposé, entre autres concurrents, à Henri Lecacheux, montebourgeois d’origine et maire de Saint-Cyr-Bocage, qui se présentait sous l’étiquette indépendant (on dirait aujourd’hui divers droite), de même sensibilité que son oncle, le Dr Joseph Lecacheux, décédé en 1952, et qui fut député puis sénateur de la Manche. Elu dès le premier tour sur la circonscription de Valognes, Pierre Godefroy, journaliste agricole bien implanté dans le monde rural, ancien élève de l’abbaye de Montebourg, arrive pourtant loin derrière Henri Lecacheux à Montebourg (69 voix contre 499). Mais aux élections suivantes, novembre 1962, mars 1967, juin 1968, il ne cesse de progresser en voix à Montebourg: 427 en 1962 (soit 46,7%), contre 190 à Henri Lecacheux et 264 à Jean Pottier, SFIO, adjoint au maire de Montebourg; 543 en 1967 (58,3%); 666 en 1968 (73,1%).

1963 : Le Centre d’aide par le travail pour handicapés est créé, avec l’aide du Secours Catholique et des bâtisseurs d’Emmaüs de l’abbé Pierre. L’œuvre n’est pas banale. Le centre ne cessera de se développer jusqu’à accueillir une centaine de résidents qui travaillent en ateliers.

1979 : Le commune se dote d’une zone artisanale, avec l’espoir d’enrayer les pertes dues à la fermeture ou aux menaces de fermeture des grosses entreprises du canton (Tirapu bâtiment, les Ciments Français, la Laiterie coopérative de Montebourg au Ham).

1986 : Après deux siècles de traversée de Montebourg, la route Paris-Cherbourg passe à nouveau au large du bourg. On s’interroge sur ses effets économiques. Montebourg est en chantier: la Maison de Retraite se reconstruit entièrement. Un Foyer-Résidence pour personnes âgées est bâti rue de l’Abbaye. On lui donne le nom du Docteur Eliard, ancien maire. Le collège est tout neuf et inauguré avec, comme parrain, Charles-François Tiphaigne de la Roche, philosophe du XVIIIème siècle, né et mort à Montebourg, précurseur de la photographie. Image de l’avenir, image souriante s’il en est, ce collège, avec l’Abbaye et les écoles maternelles et élémentaires publiques et privées anime le quotidien de Montebourg de la présence de quelque 1 200 élèves, bambins, collégiens et étudiants.

 

[Texte de Jean Margueritte]

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